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Interview de Michel Pronesti, maire d’Aramon (Gard)
“La mémoire du risque, la culture fluviale sont donc primordiaux car ils enseignent que le risque est constant”.
Rappelez-nous brièvement la situation d’Aramon par rapport aux inondations du Rhône…
Il est à rappeler également que notre village a toujours subi les assauts du Rhône, la population vivant toujours avec cette angoisse et cette méfiance. La crue de 1856 a inondé le village avec plus de 3 mètres d’eau. En 1857-58, afin de protéger le village, une digue a été construite et encore aujourd’hui sécurise la population.
Aujourd’hui, en plus d’une digue du Rhône, Aramon est protégé à l’ouest par une autre digue. Cette dernière protège le village lors des crues du Rhône et du Gardon associés, dont la confluence se situe à 3-4 km d’Aramon (barrage de Vallabrègues).
Entre 1995 et 2002, nous n’avons pas subi de crue de grande importance, sauf celle de 1994 qui a touché les riverains situés en amont de la rive ouest. En 2002, le débit du Rhône à Tarascon a atteint 9000m3/s alors que son débit habituel est d’environ 1800m3/s. Dans le même temps, le Gardon, suite à des pluies diluviennes, a atteint des hauteurs d’eau inhabituelle. La concomitance des deux a entraîné une inondation importante de la plaine d’Aramon. La digue, probablement mal entretenue, n’a pas résisté, noyant Aramon avec plus de 2 mètres d’eau. Les dégâts ont été considérables et nous avons déploré 5 victimes.
En 2003, l’Etat et la commune ont reconstruit la digue, avec la particularité d’être déversante. Soumise à l’épreuve en décembre de la même année, elle a joué pleinement son rôle. Aujourd’hui nous pensons être en sécurité, mais il subsiste des craintes si le Rhône venait à avoir un débit supérieur à 11000m3/s.
En tant que maire, qu’attendent vos concitoyens de vous ? Et sur le plan réglementaire, quels sont vos obligations ?
Pour plus d’informations sur les mesures réglementaires, consulter la rubrique Culture du risque
Votre attention se porte donc prioritairement sur la prévention…
Ma priorité est de sensibiliser les citoyens à la vie du fleuve car même canalisé, il reste dangereux notamment à cause de la confluence. La mémoire du risque, la culture fluviale sont donc primordiaux car ils enseignent que le risque est constant. Avec notre projet intercommunal de créer une « maison de l’eau » - espace culturel et pédagogique dédié au fleuve - , de mettre en place un cheminement entre canal et lônes pour « rapprocher » le bourg-centre du Rhône, de développer une halte fluviale et des bassins « biotiques », nous souhaitons développer un pôle fluvial qui concilie à la fois le tourisme, la culture, l’environnement et l’économie. Actuellement en cours de finalisation, nous espérons obtenir les financements dans le cadre du Plan Rhône et pouvoir concrétiser ce projet en 2010-2011.

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