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Interview de Geneviève Gandy, présidente du Syndicat du Haut-Rhône

Crédit photo : Arnaud Bourse/SHR
Comment définiriez-vous le rôle que joue le Syndicat du Haut Rhône dans les relations hommes-fleuve ? Quels sont ses vocations et missions à ce sujet ?
Le Syndicat du Haut-Rhône joue un rôle fédérateur, coordinateur, sur un territoire qui englobe 28 communes riveraines du fleuve sur 3 départements (Ain, Isère et Savoie). Notre rôle est d’initier et de suivre des opérations de mise en valeur du fleuve, de préservation des milieux et de développement de la culture du risque, ceci afin de favoriser une (re)connaissance, un retour au fleuve des riverains.
Pour parvenir à renouer ces liens, nous emmenons par exemple des groupes adultes pour des balades commentées au bord du Rhône, nous intervenons aussi dans les écoles pour expliquer le fonctionnement du fleuve, et nous diffusons aux 10 000 foyers de nos communes le bulletin « Ô Rhône » qui informe la population de l’avancée de nos actions, notamment en ce qui concerne les améliorations écologiques du fleuve et de ses lônes. Actuellement, nous travaillons plus particulièrement au développement du tourisme adapté, pour le public handicapé. Nous avons pu constater une augmentation progressive de la fréquentation du fleuve et de ses berges au fil des mois et nous pensons que notre action y contribue.
A propos du risque d’inondation, quels types d’actions mène le SHR ?
La dernière crue importante qui a touché notre secteur remonte à 1990, mais des inondations de plus faible ampleur rappellent régulièrement aux habitants que le fleuve est bien présent. Les gens savent donc comment se comporter à ce moment-là, mais nous souhaitons agir en direction des nouveaux arrivants, même s’il est toujours nécessaire de faire des rappels de consigne auprès des « locaux ».
Par exemple, nous prévoyons la publication cette année d’un numéro spécial de « Ô Rhône » dédié aux grandes crues de 1944 et de 1990.
Dès le mois d’avril, un sentier pédagogique – accompagné d’un audio guide, d’un livret jeu, de bornes explicatives - sera ouvert au public sur la commune de Yenne. Un autre est envisagé dans l’Ain, sur la commune de Cressin-Rochefort. Enfin, nous avons lancé – avec succès - un appel auprès des habitants du territoire du SHR pour récolter des témoignages iconographiques sur les crues du 20e siècle et la vie au bord du fleuve. A terme, cette base de données nous permettra par exemple de monter une exposition itinérante sur le thème des inondations.
Au-delà de la seule thématique « inondation », le Rhône joue-t-il un rôle structurant sur votre territoire d’action ?
Bien sûr ! Les élus des 28 communes sur lesquelles intervient le Syndicat du Haut Rhône ont appris à connaître ce secteur d’amont en aval, des partenariats se nouent aussi d’une rive à l’autre, grâce à des projets menés autour du fleuve, qu’il s’agisse de tourisme, d’écologie, de patrimoine, … Dans le cadre du Plan Rhône, nous élaborons avec 7 communautés de communes et 2 syndicats mixtes un Schéma de Développement Durable du Haut-Rhône. Ce territoire d’action a une vraie cohérence, une pertinence. La preuve : des communes de Haute Savoie et de l’Ain veulent intégrer le SHR .

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