Didier Jouve, Vice-président de la Région Rhône-Alpes, délégué à l’aménagement et à l’animation des territoires, et au développement durable.

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Pourriez-vous nous rappeler brièvement l’esprit du Plan Rhône ?

Le Plan Rhône résulte de la volonté d’avoir une approche globale sur ce fleuve, considéré pendant cinquante ans comme une conduite forcée. Les inondations de 2002-2003 ont mis en évidence que le Rhône n’était pas dompté, qu’il était un fleuve vivant. Il fallait retrouver une proximité qui avait disparu, une proximité avec un fleuve global. Il est le lieu du développement des rhodaniens, développement économique, agricole, social, culturel. C’est une voie de communication et une infrastructure naturelle importante.

Quand l’Etat a voulu élaborer une stratégie de prévention des inondations du Rhône et de ses affluents, les Régions concernées (Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Languedoc-Roussillon) ont souhaité avoir un programme plus global prenant en considération l’ensemble des fonctions du fleuve. Au-delà de la gestion des débits, d’autres problématiques sont à aborder : le transport fluvial, la production d’énergie, le tourisme, l’environnement,… Les Régions ont organisé les Etats Généraux du Rhône en 2005 qui ont marqué le démarrage du grand projet qu’est le Plan Rhône. Approuvé en 2006 par le CIACT (Comité interministériel à l’aménagement et à la compétitivité des territoires), ce Plan s’affirme comme un programme global de développement durable avec trois objectifs déclinés en six volets : la culture rhodanienne, les inondations, la qualité des eaux, la production d’énergie, le transport et le tourisme.

Pour en savoir plus sur le Plan Rhône.

Pourquoi un volet « culture » dans ce Plan Rhône ?

Les régions, et moi-même, ont voulu mettre en évidence un volet culturel car c’est l’une des trois dimensions dans lesquelles se traduit un projet global. Un projet est global, pour un pays ou pour un fleuve, si on articule la sphère de l’économie, la sphère du milieu physique et la sphère de l’humain, que l’on oublie souvent. L’humain renvoie à la notion de solidarité et de culture.
Une grande partie des problèmes est liée au fait que l’on a déconnecté le fleuve de ses riverains. Il est devenu un outil de production électrique. Aujourd’hui on s’aperçoit de l’importance du fleuve, de la nécessité de le retrouver. Ces retrouvailles ont une dimension socioculturelle forte. La culture entendue au sens ethnologique constitue le lien, le ciment avec l’histoire, le patrimoine, les activités sociétales autour du fleuve. C’est ainsi qu’avec le volet culture on va reparler de l’histoire de ce fleuve, des métiers d’hier, d’aujourd’hui et de demain, reprendre connaissance de ses fonctions ludiques et sociétales avec les fêtes, les joutes, réintroduire une culture du risque,… En résumé, reprendre conscience du caractère vivant de ce fleuve, réveiller la culture rhodanienne et faire en sorte que les riverains se réapproprient le Rhône.
La Saison du fleuve Rhône, coordonnée par la Maison du fleuve Rhône, est la première opération du volet culturel du Plan Rhône. Plusieurs projets pourraient bénéficier d’un soutien comme la valorisation du Toueur « l’Ardèche » à Valence, la mise en réseau d’équipements muséographiques dont le musée des mariniers de Serrières sur Rhône.

Quels sont les liens établis entre le volet « culture » et le volet « tourisme » ?

Les deux sont intimement liés, les volets sont des constructions administratives. Ainsi la Région Rhône-Alpes apporte son soutien pour accompagner des actions culturelles et touristiques dans les territoires jouxtant le Rhône et concernés par un contrat de développement. On en dénombre dix-sept. L’itinéraire « du Léman à la mer », rebaptisé « Via Rhôna », inscrit dans le Plan Rhône, vise également à mettre en relation des circuits culturels et une déambulation touristique. Une aide de l’Europe est consacrée aux aspects les plus innovants comme la réalisation de bornes interactives avec GPS, pour une déambulation active, dynamique, touristique et culturelle.
Tout s’articule, c’est la force du Plan Rhône et le souhait de départ.

Interview réalisée par Marie-Françoise Lévêque,
parue dans la lettre semestrielle Courant Rhône n°17 téléchargeable sur www.maisondufleuverhone.org/pages/publications.html

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