Pollution aux PCB : où en est-on ?

Les PCB regroupent 209 substances apparentées présentes surtout dans les transformateurs électriques. Ils étaient utilisés comme isolants ou lubrifiants par l’industrie à partir des années 1930.

En 1987, les PCB (ou pyralènes) sont interdits d’installation ou d’importation mais la pollution touche déjà le Rhône, la Seine et la Somme. LES PCB ont une longue durée de vie et sont non solubles dans l’eau, ils se sont donc accumulés dans les sédiments, puis dans les graisses des poissons qui se nourrissent dans les fonds du fleuve comme les anguilles, les brêmes et les barbeaux.

Les PCB étant jugés « probablement cancérigènes » par le Ministère de l’Ecologie et « certainement cancérigènes » par l’association écologiste WWF, 8 départements riverains du Rhône ont pris à ce jour un arrêté préfectoral pour interdire pêche et la commercialisation des poissons : Ain, Isère, Rhône, Loire, Ardèche, Drôme, Gard et Bouches du Rhône.

En février 2007, le maire de Meyzieu (69) porte plainte contre X pour pollution : il est le premier élu local à le faire. Le député Philippe Meunier donne alors à l’affaire un écho national et devient par la suite rapporteur sur la mission d’information sur la pollution aux PCB dans le Rhône.

En août 2007, il est interdit de consommer des poissons du Rhône.

Le 10 octobre 2007, Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat à l’Ecologie, met en place un comité de pilotage sur la pollution et présente à cette occasion la carte de France des cours d’eau pollués ; en outre, elle avance une série de propositions en accord avec celles faites par les associations écologistes.

Le 4 février 2008, l’Association Santé Environnement Provence (ASEP) lance une étude soutenue et financée par WWF France. L’ASEP, créée en 2006, regroupe environ 300 médecins indépendants des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse. Pour ces membres, l’Etat aurait du lancer une enquête sanitaire dès août 2007. L’étude est réalisée à Port st Louis du Rhône (8000 habitants), à l’embouchure du fleuve. Il s’agit de prélever le sang sur un échantillon de 60 personnes pour y détecter des traces de PCB (30 consommateurs réguliers, 20 consommateurs occasionnels et 10 non résidents). Les résultats sont prévus pour avril 2008.

Le 6 février 2008, un comité de pilotage sur les PCB est mis en place : il est composé des ministères de l’Ecologie, la Santé et l’Agriculture, d’élus, d’associations écologistes, et de représentants des pêcheurs, des industriels et des organismes de recherche. Son rôle : évaluer la concentration en PCB et parer les impacts sur la santé et l’environnement. Une enveloppe de 8,5 millions d’euros est allouée en 2008 au comité pour réduire les PCB.

A l’occasion de ce comité de pilotage, le plan d’action gouvernemental concernant les cours d’eau pollués aux PCB est présenté. Il prévoit :
- la réduction des rejets résiduels de PCB, en agissant auprès de gros propriétaires de transformateurs ou condensateurs anciens qui contiennent ces produits, comme EDF) ;
- un effort de recherche important sur le phénomène de bioaccumulation chez les poissons et sur les technologies de décontamination des sédiments,
- le renforcement des contrôles sur les poissons,
- le lancement d’une étude sur l’imprégnation aux PCB des consommateurs de poissons de rivière
- des mesures d’accompagnement des pêcheurs professionnels et amateurs touchés par les mesures d’interdiction.

” Ce plan porte d’abord sur la recherche et la gestion de la pollution, car nous savons que nous n’arriverons pas à dépolluer les fleuves en deux ans” déclare la secrétaire d’Etat à l’Ecologie.

Sur recommandation de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA), des analyses d’échantillonnages de poissons sont conduites et la recherche intensifiée pour améliorer les connaissances sur les PCB, leur devenir dans les milieux aquatiques et leur transfert dans les sédiments et organismes vivants.

Dans le Progrès du 18 avril, le Préfet Jacques Gérault a apporté des précisions concernant ces analyses. ” Lors du Copil, nous avons lancé une très grande campagne de prélèvements de poissons et de sédiments, non seulement dans le fleuve Rhône mais sur ses cinquante affluents. Ce travail est en cours et aboutira fin juin. Une carte nationale des zones d’interdiction devrait être établie à la fin de l’année. Une enquête d’imprégnation nationale a été actée. Elle commencera début octobre à l’échelle nationale et devrait s’achever en mai 2009. Les pêcheurs sont concernés mais aussi les consommateurs ; cela pourrait aussi se faire sur la base du volontariat. L’étude sur l’ensemble du territoire devant durer trois ans, les résultats ne devraient pas être connus avant 2010.”

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